Ce document détaille les mises à jour majeures apportées au manuel Breast Imaging Reporting and Data System (Bi-RADS) version 2025 par rapport à l'édition précédente de 2013. Il s'agit d'une refonte complète visant à harmoniser les pratiques entre les différentes modalités d'imagerie. Les chapitres sont réorganisés pour assurer une cohérence structurelle, et les termes du lexique sont classés du moins suspect au plus suspect.
Modifications globales
La catégorie ACR 0 intègre les nouvelles exigences de la Food and Drug Administration. Elle est maintenant sous-divisée en : "ACR 0 nécessitant des imageries additionnelles" et " ACR0 nécessitant une comparaison aux examens antérieurs".
La catégorie 6 n'exige plus systématiquement une exérèse chirurgicale, mais laisse la possibilité d'une "thérapeutique locale définitive non chirurgicale".
Mammographie
La section mammographie intègre formellement la tomosynthèse et la mammographie synthétique.
La définition d'une masse évolue pour inclure celles visibles sur une seule projection en tomosynthèse. Le terme "microlobulé" est supprimé au profit d'"indistinct", tandis que la forme "lobulée" est réintroduite.
Les descripteurs de calcifications sont simplifiés : les termes "en pop-corn" et "dystrophique" sont fusionnés sous l'appellation "grossières", et le "lait calcique" est remplacé par "sédimentaire" pour une description purement morphologique.
Les ganglions lymphatiques intramammaires et axillaires sont regroupés en une seule entité.
Les dilatations canalaires sont subdivisées en "multiples" et "isolées". Une dilatation isolée est considérée comme bénigne chez une patiente asymptomatique et en l'absence d'autre anomalie associée (microcalcifications, distorsion, masse). Dans le cas contraire, des explorations complémentaires sont nécessaires.
La localisation des lésions gagne en flexibilité, permettant l'usage de la profondeur ou de la distance par rapport au mamelon.
Échographie
La description architecturale glandulaire est revisitée, avec la subdivision en "motif/architecture tissulaire" et "composante glandulaire".
Une nouvelle entité fait son apparition : la lésion non masse, définie comme une anomalie visible en 3 dimensions mais sans marge propre, souvent subtile et détectée sous forme d'une interruption de l'architecture glandulaire normale.
La terminologie des masses évolue, réintroduisant la forme "lobulée" et remplaçant l'expression "complexe kystique et solide" par "mixte solide et kystique". De nouveaux descripteurs sont ajoutés comme la présence d'une pseudo-capsule échogène ou la description de la vascularisation périphérique.
La section inclut également des précisions sur les implants, les abcès et les ganglions lymphatiques.
Imagerie par résonance magnétique
La section "Paramètres d'acquisition" inclut maintenant les protocoles abrégés.
Le terme focus est éliminé du lexique.
La distribution régionale multiple est éliminée du lexique.
Comme pour les autres modalités, la forme "lobulée" est réintroduite et les contours "irréguliers" deviennent "indistincts". L'intensité du signal T2 est ajoutée comme caractéristique des masses.
Les anomalies non rehaussées sont réorganisées dans la catégorie "anomalies typiquement bénignes" (hypersignal T1 intracanalaire, kyste, masse non rehaussée, hamartome, cytostéatonécrose…).
Le terme "invasion" est systématiquement remplacé par "atteinte", par exemple pour le mamelon ou la peau.
L'organisation du rapport standardisé inclut désormais la quantification du rehaussement parenchymateux de fond. L'absence de rehaussement de fond est classée dans la catégorie "rehaussement de fond minime".
Une anomalie suspecte non caractérisée à proximité d'un cancer histologiquement prouvé peut être classée ACR 6 si : située à 2cm ou moins de la lésion biopsiée, n'augmente pas la taille de plus de 2cm et ne modifie a priori pas la prise en charge.
Angio-mammographie
Désormais traitée comme une section intrinsèque, l'angio-mammographie voit ses descripteurs de densité et de masse standardisés pour s'aligner sur la mammographie et l'IRM. Les descripteurs de forme et de contours sont modifiés de la même façon.
La structure du rapport est harmonisée avec les autres modalités, incluant la densité mammaire et le rehaussement parenchymateux de fond.
Modifications diverses
La définition d'examens de dépistage versus examens de diagnostic est laissée libre, tenant compte des différents protocoles de dépistage selon les contextes, et laissant la possibilité d'intégrer des évolutions techniques / des modalités de dépistage. Un examen de dépistage positif est donc défini par la nécessité d'images supplémentaires quelque soit la modalité initiale du dépistage.
La définition du cancer inclut désormais le carcinome lobulaire in situ pléomorphe ou floride.
Les tableaux de référence pour les audits médicaux sont mis à jour avec des données récentes pour la mammographie, l'échographie et l'IRM. De nouveaux critères d'audit sont introduits pour l'évaluation de l'étendue de la maladie en IRM et l'évolution des lésions classées ACR3.
• Elle simplifie la description des micro-calcifications en mammographie, intègre la notion de non-masse en échographie et fait disparaitre les focis en IRM.
• Les carcinomes lobulaires in situ de type pléiomorphe ou floride sont désormais inclus dans la catégorie cancer.
Moy L, Heller SL, et al. ACR BI-RADS® v2025 Manual: What's New? American College of Radiology. 2025.
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